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Mon royaume est banal, chez moi point de cigale,
De vignoble ou de mer, mon sol c'est le terroir,
Niveau des sentiments mon trou est sans égale,
Sans être le Midi, on peut encore y voir
La biche ou le renard, tout là-bas me rappelle
Des bonheurs d'autrefois au cœur des beaux étés,
Au tendre attachement d'une aile maternelle;
Des rêves amoureux qui se sont envolés.
Sans faire d'angélisme il faut mirer Bavans
Quand les blés et les fleurs émerveillent la plaine,
Même a l'heure du soir lorsqu'au soleil couchant,
Les derniers feux du jour semblent mille fontaines,
Quand flambe à l'horizon tout l'or du lendemain,
je ne tairai le nom de ma chère rivière,
Ni ce coin Franc-Comtois que bercent le sapin,
La linotte et le geai. sans être une prière
Mon hommage sera comme l'humble drapeau,
Qu'une âme aime saisir avant la fin du livre,
Au moment ou le cœur se souvient du berceau,
Du parfum des lilas dont l'enfance s'enivre.
Avec force et langueur le Doubs s'écoule en moi,
L'album aux souvenirs est source de jouvence,
Tourné le sablier fait l'effet d'un envoi,
L'originel passé touche ma souvenance.
L'espace d'un instant je revois ma forêt
Aux premiers jours de mai, couverte d'émeraude,
Cinq ou six œufs au nid, perles dans un coffret,
Le fil étincelant d'une source en maraude.
D'un triomphal retour mon cœur prend son élan,
Voilà mon cher pays que la pendule honore,
Tout autant que Pergaud, un illustre lui rend
Ses palmes, c'est Hugo que Besançon arbore.
Alors comme on allume en hiver un bon feu,
Si je chante ce soir tout l'attrait de ma terre,
L'amour de mon pays qu'un doux soleil émeut,
Celui qui brille encor dans les yeux de ma mère.
C'est qu'une odeur de foin me donne rendez-vous
Chaque fois que mes sens entrebâillent l'armoire.
De la saison des nids aux jours des arbres roux,
Je garde ses trésors au fond de ma mémoire.
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