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C'est d'un plaisir non feint que j'arrose tes yeux,
Si mon cœur obéit tel le bois, à la flamme,
Au feu du sentiment, au livre merveilleux
Que verse chaque jour l'allégorique gamme.
C'est qu'un mal incurable attise tous mes sens
Et conduit ma raison, la cause en est multiple,
A soumettre mes vers, au but d'un même sens
L'univers de ton sort, dont je suis le disciple.
Pour combattre le temps mon cœur en est témoin,
Il faut la passion, de l'aube à la nuit cendre,
Sans le poison jaloux, sans mal, on n'aime point.
L'amour est un sommet, à gravir, à descendre.
Même avec quelques bleus l'arbre n'est pas moins beau,
Apparaissent les fleurs quand revient l'hirondelle,
Le ciel d'un blanc laiteux nous réserve de l'eau;
Où le désir paraît pousse la fleur nouvelle.
Si ma plume contient l'attentive pudeur
D'un romantique aveu qui mêle rose et soie,
La faute t'en revient, c'est tout à ton honneur
De prolonger le seuil, d'où l'histoire flamboie,
Avec les fleurs, les fruits, l'encens de ton bon goût
Qui peut d'un seul regard en dire davantage,
Un sourire pareil ne se trouve partout,
Rien ne peut égaler l'admirable visage.
Celui de mes beaux jours, qui portent ton éclat,
Jusqu'au cœur de mes nuits, tout astre à ma fenêtre,
Est le bonheur prochain, que mon désir verra.
Je t'aime longuement et peut même promettre
Que ton brûlant sillon toujours sera le mien,
Je puis dire aujourd'hui que ma chaîne se fonde
A l'or pur de tes yeux, de toi l'amour me vient;
Au chevet de ton cœur je possède le monde.
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