|

Le monde à votre encontre ajoute une autre fleur,
Faisant de votre nom celui d'une princesse.
Afin de garantir un aussi bel honneur,
Mes mots, à votre endroit useront de noblesse.
J'ai bu dans vos beaux yeux tant de sources d'amour,
Que c'est sans un regret, que mon âme s'incline
Pour confondre nos eaux au lit du même cours,
L'or de votre regard traverse ma poitrine
Pour fondre dans mon cœur le velours des œillets.
J'écris ces vers, tout pleins de velours et de soie,
Pour fêter cette date et nos divins secrets;
C'est la faute à vos yeux, si mon encre flamboie.
Pour la première fois quand vous m'avez parlé,
Il me semblait alors entendre une voix d'ange,
Jamais je n'oublierai ce bleu matin d'été,
C'était un nid de fleurs, que le zéphyr dérange,
Comme l'aile d'un geai caressant l'air du soir.
Votre amour m'a vaincu, en me faisant renaître,
M'a fait trembler si fort, au simple fait de voir
Votre joli minois sans le vouloir, promettre
Par l'objet du désir, le feu de l'intérêt,
A ma raison un temps de féconde tendresse,
Peuplé d'instants friands qui portaient le cachet
Sous le prix d'un baiser, d'une immense richesse.
Il fait si bon d'aimer un être comme vous,
Étoile ou volupté, ma flamme est immortelle,
Poser sur votre nom de ravissants bijoux
Les vers émerveillés de mon amour fidèle,
Fait descendre mon âme à l'étage des fleurs,
Ma plume prend asile aux blancheurs d'une église
Pour y puiser l'amour qui ne se trouve ailleurs.
Où créer plus beau chant qu'au centre de Venise?
Je vous ai rencontré dans un rêve d'amour,
Personne dans ce monde exprime autant de grâce;
Épris de votre ligne au magistral contour,
Le magique décor que mon regard embrasse
Ferait frémir un ange, il en perdrait la foi,
Il est tant de trésors, sous votre robe blanche
Que même le miroir, saisit en reste coi,
De votre chair, il neige autant que d'une branche
Tant de fruits défendus, tant de pétales blancs
Qu'on ne saurait mourir devant pareille table,
A ce bonheur s'unit, les noces du printemps;
Au pied de votre lit mon sort est favorable.
Tout ce que votre bouche à mon cœur murmura,
Gardera la valeur, d'une semblable offrande,
Quelque soit le destin je garde votre Aura,
Qui fait de notre histoire, un amour de légende.
|