|

Dans mon sensible cœur chante la nuit des temps,
Je rêve d'un passé, que j'aimerais connaître,
Quand priait à genoux, tous les jeunes enfants,
Qu'au sein de chaque église officiait un prêtre.
Lorsque jadis les vieux, mourait à la maison,
Quand le temps s'arrêtait à l'arrêt de l'horloge,
Au siècle ou le malheur faisait par l'oraison
Du louable défunt, l'apologique éloge.
J'imagine souvent les idylles d'antan,
Dans les bois parfumés, au bal des clairières.
Combien devait compté le patois paysan,
Je devine parfois leurs sincères prières.
Le bouquet à la main sur le chemin poudreux,
Cheminant à pas lents, oh! laboureur de l'âme,
Oh! poète naïf, vos mot doux amoureux
Devaient être une estime, un hommage à la dame.
Quand palpitaient deux cœurs, au livre de juillet,
Multipliant au soir, les parfums de la paille
Et les chants du ruisseau, solennel chapelet,
A l'heure où monte au ciel venant de la broussaille
L'hymne du rossignol, ce doux frisson d'amour,
Moralisait l'histoire en devenant légende;
Jetant avec éclat, juste à la fin du jour,
Le céleste trésor, dans les bras d'une lande.
Le plus modeste oiseau, ne vous trahissait pas,
Sous l'aubépine en fleur, vos intimes études
Angélisaient le lieu dans les derniers éclats
Blonds, j'augure des fois, de langoureux préludes.
Combien j'aurais goûté le moment des amours,
Sur un sentier fleurit, dans les pas de la lune;
Sous un grand chêne ombreux entendre le "toujours",
Le serment romantique; avoir cette fortune
D'apercevoir au loin les nobles moissonneurs,
Dans l'or pâle des blés, lorsqu'au levant s'avance
L'admirable soleil, quand des arbres, les pleurs
D'un peuple de moineaux touchant de connivence,
Portaient sur un plateau, l'image du bonheur,
Eprouver les saveurs, touché de mon enfance,
D'une école moelleuse et retrouver l'odeur,
De l'encre et de la craie, au plaisir d'une France
Paysanne dansant au son d'accordéons
Envolés à jamais, des vaches à l'étable,
D'un savoureux terroir dans l'air chaud des moissons.
Ces jours buvant le miel d'une paix admirable.
De ces hivers d'antan; de ces tendres étés,
Quand les cloches battaient pour d'heureux mariages,
Ou des deuils touchants les aïeux bien-aimés,
Au culte du temps libre et des rares voyages.
|