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Madame, si mes vers, par un heureux hasard
Arrivent à vos yeux, comme geai sur la branche;
Qu'une goutte d'amour mouille votre regard
Et coule bonnement telle une perle blanche
Sur votre claire joue, alors sachez qu'un feu
Eclairera mon cœur d'un timide sourire.
Ecrire chaque jour, pour moi n'est point un jeu;
J'aurais donné mon âme et même mon empire,
Les fleurs de mes cahiers, pour un baiser de vous.
L'enfance quelquefois peut être bien cruelle,
lorsque devant nos yeux avril met ses bijoux,
Découvrir au printemps la première hirondelle
Fait office de flamme au céleste jardin,
Et voici qu'à notre œil, la timide est un ange,
Celle-là, vous étiez, un jour sur le chemin;
Ravissante à damné. même si le cœur change
Dans un nid de velours il garde le meilleur,
Le tendre souvenir des plus belles années,
Mélancoliquement le temps est fossoyeur
C'est toujours les excès que fixent nos pensées.
Mais c'est bien pour ma mère et mon ange actuel
Que fleurit à présent mon encre la plus tendre,
Mes roses d'aujourd'hui d'un baume solennel
Empruntent les crins d'or de la discrète Flandre,
Pour offrir à maman un long chemin de fleurs
Où chantent les oiseaux, s'époumone une source,
Aux devers d'un vallon, sous des cieux enchanteurs
Et pour bercer ses nuits l'éclat de la grande ourse.
Mon œil parfois s'émeut avec ou sans raison,
Mon âme s'encoquine et tombe en esclavage
Dès que ma plume touche au sourire, au blason,
De la belle Marie, ainsi qu'à son visage.
Quand il s'agit d'amour, je sais jouir de tout,
Son ravissant portrait pour moi est un emblème;
J'accueille en chevalier, inclinant un genou
En hommage à son front, cette femme que j'aime.
Si vous lisez ces vers comprenez que mon cœur,
Aujourd'hui est en paix, j'avais pour votre charme,
Un noble attachement, qui garde une valeur
Hautement coloré qui m'arrache une larme.
Nul regret ne me mord, la vie est un jardin,
Sur le tapis herbeux toutes les fleurs nous tente,
On attend le bijou, la perle en son écrin,
Je souhaitais c'est vrai de toutes, l'élégante.
Ma mémoire a gardé la douceur de vos traits,
Vous étiez désirable et richement pourvue:
Les délices d'antan sont l'âme des secrets,
Des premiers souvenirs vous êtes mon élue.
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