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LA SÉLUNE PLEURANT SES DEUX FILS
Fallait-il, qu’en ces jours, sous marteau et enclume
Je me vois obligé de reprendre ma plume ?
En secteur de Vezins et La Roche qui boit,
Les barrages d’hier sont restés aux abois…
La Sélune, autrefois, paisible et bienheureuse,
M’a parlé, aujourd’hui, de sa voix douloureuse :
« Fallut-il, qu’en ces jours, aux mains de lourds bulots
Mon âme fut blessée par Nicolas Hulot ?
J’avais deux beaux enfants, mes deux fils, mes barrages…
Je vivais avec eux, loin des accents de rage…
On accusa mes fils d’avoir trop d’eau d’amont…
On accusa mes fils de tuer les saumons…
On éventra mes fils sous le fer de cent lances…
On voulut confirmer leur mort et mon silence…
Face à l’État français qui fête mon trépas,
Sachez que, contre tous, je ne me taira pas !
Mes fils morts, j’ai pleuré tant de larmes amères…
Entendez la douleur qui déchire une mère !
Conservez à l’esprit la cause et les effets…
Réparez, je vous prie, le mal que l’on m’a fait ! »
Gérald ANGELIS
Onirisme quantique 2022 - Arts majeurs
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