|

C'est un trésor que la gaîté :
Elle ressemble à l'espérance.
Au cœur, s'il en fut peu doté,
Reste un secours, l'insouciance :
Bannir les regrets et la peur,
Vivre au présent, bonne science,
Qui réduit la part du malheur.
Henri-Frédéric Amiel.
De l'insouciance et des insouciants
La jeunesse insouciante n'a pas encore de passé, ou si peu. Elle échappe donc à la nostalgie, si propice à la mélancolie. Elle peut s'en remettre aux autres pour assurer son quotidien et s'adonner sans retenue aux jouissances de la vie et à la quête du bonheur.
En théorie, l'âge adulte, et sa froide raison, devrait abandonner l'insouciance et se rendre à l'évidence : le temps des contingences est venu, avec son cortège d'obligations, de règles sociales, d'oppositions, de chagrins, de malheurs, même. D'aucuns persistent pourtant dans le déni. Ces adultes insouciants mènent leur vie différemment du commun des mortels. La part d'innocence qu'ils ont perdue, ils la remplacent par un soupçon d'indifférence et de légèreté, un peu d'indolence, un air de philosophie bonhomme, un chouïa de laisser faire et de laisser dire. Leur optimisme n'est pas forcément béat ni feint, non, car les insouciants ont seulement décidé de ne pas anticiper l'avenir.
Le grand âge connaît-il l'insouciance ? Certes non, car il pense à la mort. Or, l'insouciant de bon teint aime à croire que la vie éternelle est ici, sur terre.
Advienne que pourra et après nous le déluge !
Daniel Confland
“L'insouciance ne s'improvise pas.”
“La vraie insouciance, c'est de laisser les autres s'inquiéter pour soi.”
“Le bonheur recèle toujours une part d'insouciance, le malheur de constance.”
“L'insouciance est l'art de se balancer dans la vie comme sur une escarpolette, sans s'inquiéter du moment où la corde cassera.”
|