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Depuis que j'ai pu voir la merveille "Marie",
La perle d'Orient, j'ai su comprendre enfin,
Qu'un véritable amour, c'est vrai, tient du génie.
Dans sa robe d'été, bijou dans son écrin
Sous ses traits enfantins, j'ai découvert Orphée,
Ronsard avait Hélène, authentique flambeau,
Je peux en dire autant de cette femme fée,
Tant son portrait de rêve à l'exquis, est un sceau.
Je cisèle mes mots et caresse la page,
Je peins même parfois toute sa volupté
Ainsi que dans la forme un peu de son visage.
Mes doigts se couvrent d'or en calquant sa beauté;
Ma fontaine s'enchante et fleurit au calice
En puisant dans ses yeux les perles de soleil;
S'il arrive souvent que ma plume se glisse,
Au cap de ses dessous, à l'heure du sommeil
C'est qu'un plaisir non feint dans mon âme chemine
En découvrant sa chair sous le léger satin.
Que dire du concis, recouvrant sa poitrine
Sinon qu'il fait l'effet d'un beau repose main;
Ses oeillets en bouton, sous la fine dentelle
Fleurissent bellement au vent fou de mes doigts.
Au plus fort du désir, quand s'éteint la chandelle
Elle semble timide, une biche aux abois.
Point besoin d'un ciseau tant sa ligne est parfaite,
Pour l'oeuvre de son corps je bénis le sculpteur,
Une telle beauté, si riche est une fête,
A qui la devons nous, est-ce le créateur?
Où le divin hasard que le destin entraîne?
Pour un ange pareil il en faut du talent,
A partir d'une enfant, il en fit une reine,
Elle est, du digne amour le plus beau monument.
Toujours elle sera, des belles, la plus belle,
Avoir autant de charme et de chic, est un art,
Il est vain de chercher son étoile jumelle;
Pour moi elle est unique et pas un seul regard,
Ne peut défier le sien, ses yeux c'est ma prunelle
Et tout l'or de ma lyre où s'attache mes voeux;
Je l'adore à genoux tant sa grâce est mortelle,
Auprès de cette fleur je butine les cieux.
En amoureux des vers, si je bois à la coupe
C'est d'abord pour écrire un fameux livre d'or,
Depuis treize ans déjà, j'ai le bonheur en poupe,
J'apprécie au combien de vivre messidor.
Je m'adresse à présent à la femme que j'aime,
D'un ton plus personnel, intime et amoureux,
Mon âme t'appartient alors ce que je sème,
De la fleur au bouquet, je le lègue à tes yeux;
Tant que battra mon coeur, il t'offrira des roses,
Des couronnes, du temps, ainsi que des colliers,
Ma muse t'écrira les plus sublimes choses
En couvant la douceur, sur les plus beaux rosiers.
Touché par ton portrait mon esprit se dévoile
Et nul autre minois, n'illumine mes jours;
Pour mes rêves c'est toi l'inaccessible étoile,
Je le sais, je le sens, je t'aimerai toujours.
https://youtu.be/TrvD1kMviAc
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