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Sous l'aile de la nuit je te contemple nue
Dans ton manteau d'aurore embellit par les fleurs,
Sur les draps de satin, sagement étendue
Tu me sembles toujours une reine d'Ailleurs;
Les bourgeons de tes seins enjôlivent mon âme
En pointant vers le ciel, ils me disent déjà
Que la nuit sera belle, avant que ne se pâme
Au fleuve de ma chair un virulent sabbat.
J'admire ta beauté, ton minois de poupée,
Ton regard envoûtant ainsi que les trésors
Que ton charme dépose au ciel de ma pensée
En accordant l'amour à ma lyre, à tes ors.
Je sais sans contredit que c'est toi la plus belle,
Ton pouvoir est si fort, je bénis le destin,
un tel ravissement tant de fois m'interpelle
Que j'ai peur de mourir aux portes du matin
Avant de te combler, de rendre un digne hommage
A ton corps merveilleux, au grain blond de ta peau
Jardin de mes baisers, de mon libertinage.
Au coeur de ta vallée où passe un clair ruisseau
Mon dévolu s'attise et mon âme s'égare
A ce festin royal, riches d'embrasements.
Je m'enflamme à mon tour en devenant Icare,
Retrouvant à nouveau mes antiques printemps.
Au point de non retour, tendrement je m'incline
Vers le nid de dentelle accueillant le rubis,
Savourant en secret ton bouquet d'églantine
Je sens naître en mon for un flot d'amour, tandis
Qu'une neige de fleurs me couvre et me dévore
Je sens venir à moi le miel du verbe aimer.
En surveillant tes traits, je guette ton aurore,
L'envole de tes sens en t'écoutant crier;
Par mille feux ardents le désir me pénètre
J'effeuille le bonheur aux roses du soupir
Alors que dans tes yeux l'absolu vient de naître
Au moment de venir, tu ne peux retenir
Après un long délice une larme émouvante
Véritable soleil qui transperce mon coeur,
Je sens poindre le jour aurore éblouissante
En libérant d'un coup l'entêtante chaleur.
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