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Pour Lara
Elle se leva, il était minuit,
Longue , majestueuse et distinguée,
Replia sa serviette brodée,
Et d’un geste noble suspendit le temps,
alors sa peau ambrée donna vie à sa longue robe plissée,
Ses cheveux d’or éveillant la nuit,
Son regard s’égara sur les convives attablés,
Quelques mots de sa bouche voulurent s’échapper
mais seule l’aube d’un sourire sur ses lèvres naquit,
Elle fendit la foule comme happée par l’appel pressant des dieux de l’océan
Marcha seule, égarée sur l’estran,
Puis s’enfonça dans les flots sanguins,
Âme perdue à la poursuite d’un soleil qui fuit,
Seule reste dans le sable l’ombre de ses pas au matin
Et la flamme écarlate de son foulard porté par l’air marin .
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