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La mer s’est retirée
La mer s’est retirée, les plages sont à vendre,
Les promoteurs débarquent pour se faire du blé,
Plus besoin de tuba, plus besoin de scaphandre
Pour voir tous les trésors que la mer a cachés.
La mer s’est retirée mais sans faire d’esclandre,
Au fur et à mesure du déclin des années,
Ici plus rien ne peut renaitre de ses cendres,
Le soleil a rôti jusqu' au moindre rocher.
La mer s’est retirée un peu au goutte à goutte,
Par le réchauffement, lentement altérée
Tout en se perfusant de tonnes de mazout
Qui ont fait taches d’huile sur son immensité.
Les golfes clairs n'ont plus vraiment la même allure
Et ils ont eu raison de ta belle chanson,
Trenet la mer n'est plus la bergère d'azur
Qui dans son infini garde ses blancs moutons.
Là où l’eau était bleue, aucun bateau ne mouille,
Ce n’est plus qu’un désert, un Sahara tâché
De pétroliers géants et de cargos qui rouillent
Perdus entre les dunes où ils se sont ancrés.
On ne reconnait plus les récifs et les îles,
Car tout a disparu dans un chaos larvé,
Tant de discours pour rien, de G20 inutiles
Car même Honolulu aussi y est passé.
Plus le moindre estivant ne peut faire la planche,
Tous les maîtres nageurs se sont reconvertis,
A pied et sans Ferry on traverse la Manche,
Sans entendre en marchant le moindre clapotis.
On n’entend plus le cri si perçant des mouettes,
C’est plein de vague à l’âme, c’est sinistre à pleurer,
La vue est imprenable, autant dire pas chouette,
Il n’y a rien à prendre car l’homme a tout pillé.
Tout en bas des falaises, des tas d’algues pourrissent,
Des milliers de poissons continuent de sécher,
Plus une goutte d’eau ne remplit les abysses,
Pas le moindre plongeur ne descend en apnée.
Le vent a balayé tous les châteaux de sable,
Il n’y a plus d’enfants pour faire des pâtés,
Le triste paysage devient inconsolable
Car la mer, d’amertume a laissé ses rejets.
On peut la comparer à cette Mer d’Aral
Qui brûle les rivages en déposant son sel,
Mettant en agonie le monde végétal
Où rien ne peut pousser, où tout devient poubelle.
Ce n’est qu’un paysage désolant et lunaire,
On cherche la survie d’un océan vidé
De ses embruns perdus dans un livre d’Homère
Quand il nous racontait d’Ulysse l’Odyssée.
Les phares sont immobiles comme des sentinelles,
Plus aucune lumière n’éclaire le décor,
Plus aucun SOS ne lance des appels…
Pourquoi sauver des vies alors que tout est mort ?
Oui il est mort Cousteau ton monde du silence,
Vingt mille lieues sous les mers, ça ne fait plus rêver,
Il n’y a plus de Cap même de Bonne Espérance,
Autant dire que l’homme lui aussi a échoué.
Dieu n’a rien pu changer et les hommes grenouilles
Ne peuvent plus plonger que dans des bénitiers,
Plus tard on pourra dire quand on fera des fouilles,
‘’ Ici c’était plein d’eau, la mer a existé.’’
Claude écrit le 4 Juillet 2022
https://www.youtube.com/watch?v=khCpIhxhNOU
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