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Quand l’on se penche un soir avec recueillement
Sur les jours du passé, pour l’homme romantique
L’encre des souvenirs tache le vélin blanc,
L’album de notre vie est un recueil antique,
En ouvrant ce grand livre au chapitre d’antan,
J’aime voir un cliché, mon père, jeune encore,
Posant aux rossignols* en costume élégant
Aux côtés de ma sœur. la sépia remémore
Cet épisode-là, j’ignorais que l’hiver
Allait vite venir, en sortant de l’enfance ;
Un soir fuit l’hirondelle au-delà de la mer
Et le printemps avec, puis s’en vient le silence
A l’ombre d’une croix le bonheur en secret
Sanglote tristement, au présent le supplice
Donne des cheveux blancs, sa blessure un filet
Goutte à goutte distille un mal, à son calice
Se nourrit la tristesse aux heures du chagrin
Et la mélancolie amoureuse de l’âme.
Un rayon de soleil, parfois même un parfum
Retrace une saison où la douceur se pâme,
Je soulage ma peine et je combats le mal
Une plume à la main, l’importance d’écrire
N’est pas un don du ciel, c’est un besoin vital,
Les poèmes et les vers, c’est ma façon de dire
Que mon père me manque un peu plus chaque jour ;
Le petit marinier, est-il sur sa péniche
Au long du Nivernais, où bien fait-il la cour
Aux anges de l’Olympe en charmant une biche.
* La rue des rossignols, la rue où je suis né
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