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Immortels souvenirs vous revenez encore
A la source d’avril sourdre sur le lutrin
De la petite église et l’aube s’édulcore
Pour offrir une larme aux roses du chemin.
Il me revient alors que l’écorce d’un chêne
Accueillait le prénom d’un ange Bavanais,
Cette fille vénérée aux yeux de porcelaine
Réveillait dans mon cœur le souffle des archets.
Je fus charmé d’abord par son brûlant sourire,
Faut dire qu’elle inspirait autant qu’un cher parfum ;
Dépendance ou pouvoir, seul Dieu savait l’emprise
De son regard piquant, aimable et libertin.
J’attendais chaque jour afin de la surprendre,
Caché dans mon abri de feuillage et d’oiseaux,
J’admirais son sillage, en rêvant de me pendre
Au velours de sa main ; comme les jouvenceaux,
J’aurais aimé lui dire avec un bel adage
Combien elle était belle au cœur blond de l’été,
Elle semblait la fleur illuminant l’ombrage,
Ravissant à mourir la reine de beauté.
J'ai connu bien des yeux depuis cet épisode,
Tyrannique où plaisant; mais j'avoue aujourd'hui,
Que son beau regard vert me rappelle une époque
D'une telle douceur que mon coeur en frémit.
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