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Tel un rêve obstiné dont la trame est puissante,
Voilà le beau moment qui pénètre mon cœur,
Un essaim de soleil à l'onde séduisante
Caresse d'or, les murs, un charme ambassadeur
Affole aussi mes sens, il faut dire qu'un ange
Au magique pouvoir, jette des sorts au jour.
À l'âme du miroir, sa beauté se mélange
Jusqu'au grain de sa chair se propage l'amour,
Sa merveilleuse peau, que la dentelle touche
Enchante mon regard, entre la soie et l'or
Je reste fasciné, le désir à la bouche,
C'est même un pur régal de voir un tel trésor.
Un frisson me transperce en la voyant offerte
Je voudrais la cueillir, la garder pour moi seul,
Tandis que j'entrevois sous sa robe entr'ouverte
Les froufrous ouvragés d'un flamboyant linceul
J'ose à peine avouer que cet éclair me plonge
Dans l'exaltant désir d'offrir à son égard,
Les jouissifs baisers, tant la liesse me ronge ;
Puisque j'ai vu le ciel, je rêve du nectar.
Dans les bras caressants de l'amoureux silence,
Je frôle sa poitrine où dort un rossignol,
Sur son beau corps de reine, une eau vive s'avance
Et mon souffle pressent les vapeurs de l'alcool,
Comment rester de glace avec pareille image,
De même pour ses cils, papillonnant au soir,
Mon appétit s'accroche aux fleurs de son corsage
Neige aussi sur le lit, l'érotisme au pouvoir
Savoureux et poignant, l'air de la chambre exquise
Embaume l'eau de rose et l'extrait de lilas,
Seul, un bouquet champêtre à l'ombre poétise,
Alors que dans l'alcôve à contre-jour les draps
Attisent son minois, d'une élégante flamme,
J'aperçois dans ses yeux un miel ensorcelant,
Le pollen délicat que la fièvre déclame,
Éveille en moi le feu que seul connait l'amant.
Pour une nuit d'amour je vends mon âme au rêve,
Aux songes de ses reins, j'y trouve volupté ;
Aux rives de mes yeux, une vague se lève
Pour rendre un juste hommage à sa grande beauté.
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