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Il me semble vraiment sans faire d'infamie
Qu'un air ne peut mourir, le style à son secret,
Avec son fard, chacun donne à la poésie
Une étoile de plus, une couche, un cachet,
J'en conviens cependant, il me faut bien l'admettre,
Difficile est la tâche avec tant de moissons,
Avec autant de choix, chacun peut se repaître.
L'esprit peut s'exprimer de cent mille façons
Point besoin de talent pour primer l'esthétique,
Jusqu'aux sources du mot, jusqu'à l'aveuglement
Certains suivent un chemin tristement romantique,
De ce genre, je fais partie évidemment,
Une simple mésange allume en moi, l'aurore
Et fait sourdre en mon cœur un séduisant plaisir,
Il suffit d'une phrase et ma muse pérore,
Animé d'élans purs renaît le souvenir.
L'avis vaut bien un vers, si belle est notre langue,
Tel que peut la raison, mettons le pied au pas,
Si la rime en pâti, si la classe est exsangue
Il restera quand même un poème en jupon,
L'art beau ne peut crever, la fleur est un sourire,
Immuable est l'amour, la graine est devant nous,
Du bien-être d'apprendre à l'honneur de le dire
Le joli sentiment nous donne rendez-vous,
Le style importe peu, tant que l'âme est sincère
Il reste de l'espoir, quelle que soit la valeur.
Dites-vous, pour certains écrire est nécessaire
On peut brasser du vent pour un peu de chaleur,
User de son patois, peut paraître inutile,
L'encre que l'aube encercle, à quoi ça rime, à rien,
Le cœur est éternel, mais le souffle est fragile,
C'est parfois un remède, à la mort de son chien
De graver sur le sable, une ombre de sa peine,
Avec le rossignol, Pégase part au trot,
À toute heure, en tout lieu, partout, la verve est reine,
L'éloquence peut plaire au cours, comme au bistrot.
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