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Coeurs Immatures, Coeurs Affligés.

le mercredi 04 mai 2022, à 07:50. Posté par Avenance


    Coeurs Affligés .


    …..L’Affliction, le Tourment et le Naufrage guettent les Coeurs, les Âmes frêles, comme l’Atrocité de la Douleur les Corps et le Mal surabonde à l’Existence des Mortels. Coeurs affligés de trop d’Oubli et de trop de Mémoire, Coeurs éloignés sans Cesse dans l’Âge, d’Eux-Mêmes, du Monde environnant et des Autres Semblables en Peine et en Errance et les suit comme une Ombre leur Vérité tragique. Coeurs immatures, séparés, sans Appui ni Refuge, Coeurs sauvages en leur Fond, Abîme posé sur Rien, Roncier sanguinolent, Blessures sans Cause, Stigmates sans Raison ni Promesse.
    Coeurs délaissés en Apparence de toute Attache, en Vérité, Coeurs attachés de toute Force et de toute Contrainte aux extrêmes Passions entre Chair et Pensée, Envie, Exécration d’Autrui, de Soi, du Monde et de l’Ainséité des Choses, Hypnose au Miroir de Narcisse entravée, folle Course d’Echo dans les Forêts et parmi les Etangs, le Coeur empoisonné d’Amour et de Désir, Parole condamnée à ne répéter que la Syllabe ultime ! Ô Coeurs désamarrés sans même Signes d’Adieu ni de Présence ni de Regret, Ô Coeurs abandonnés dans l’innombrable Vacuité et l’Effroi des Espaces sans Fin, Coeurs à jamais esseulés, tristes à mourir, une inscrutable Tristesse…
    De l’Abîme sans Fond d’où Tout surgit, où Tout retourne, monte et se déploie le Mystère silencieux, des Essences, Mystère du Déploiement lui-même de l’Ouvert et du Nombre dans l’Eclaircie nycthémérale du Monde et de la Terre scellée, dans l’Entre-Deux du Libre et de la Loi, le Mystère du Coeur répondant au Silence, répondant à l’Absence par la Clameur et le Murmure rythmés, selon le Souffle et la Cadence, Paroles simples, Paroles sibyllines, Chants alternés en Vigueur et Lenteur, Poèmes aériens, Poèmes souterrains parce qu’il y a l’Enormité du Double, parce qu’il y a l’Evanescence impondérable et le Vivant-Mourant comme Destinerrance…
    Ardente Vigilance dans la Nuit tremblante, je songe comme le font les Gisants de Pierre des Cathédrales, je songe à l’Abyssalité des Vies, à l’Affliction des Coeurs, à la Douleur abjecte des Corps malades, à la Putréfaction des Chairs, au Scandale de l’Âge, à la Brièveté des Plaisirs, à l’impossible Pardon des Offenses. Je songe au Battement de la Surface et des Abîmes, au Litige du Brasillement et du Noir absolu, à l’Assignation incompréhensible des Places, à la Mélancolie du Non-Savoir des Origines, à l’Inconnu des Fins dernières.
    Coeurs affligés, Amours éteintes, Chambres glaciales, Paysages maussades, Coeurs orphelins, Coeurs esseulés, nous chasserons de Nous, pour un Honneur ultime et par Humilité, les Consolations illusoires, les Gratifications d’un Jour, les Bonheurs de Façade et toute Niaiserie, nous resterons fidèles à ce qui se dérobe et qui n’apparaît pas mais demeure à la Crypte nourricière du Silence dont nous serons Gardiens et Traducteurs, fidèles au Devenir dont la Venue ne cesse, en ses Revirements et ses Renversements selon l’Ecoute des Epoques et sans Cesse s’éloigne vers le plus Abyssal et l’Incommensurable des Lointains...Nous tracerons d’incertaines Figures enlacées de Mystères et de Reconnaissance, archaïque Ecriture des Paroles initiales mêlées de souveraines Intuitions de Futurs à peine concevables : Phusis, Aletheïa, Logos, Présabsence, Nuance, Retenue, Epars, Cosmicité, Chance, Eclats, Indétermination, Transdésapparition…
    L’Héroïsme ne sied pas aux Coeurs saisis par l’Affliction et le Tourment et le Naufrage mais une fine Patience, un Savoir mélancolique du Sort risqué des Mortels, de l’Inhumanité parmi l’Humanité, un Savoir étrange du Sommeil de la Tombe dont les Lys ne refleuriront pas jusqu’aux Extrémités de la Terre...Coeurs affligés de l’Amertume tragique de l’Eloignement, Coeurs d’Espérance trahie qui avez appris de la Fréquentation des Fonds, l’Inexorable Perte originelle en-deçà de toute Connaissance, de toute Chair et de toute Conscience…
    Que vienne pour les Coeurs affligés, la Guise, la Chance d’un doux Sommeil, douce Déliaison dans sa Contrée ombreuse, lente, délectable Descente à l’Intériorité ante-natale, Ô délicieuse Défaillance de Soi vers un Autre que Soi, peut-être délivré de Vigilance et de toute Affliction…..

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