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Dés que je prends ma lyre, un ange auprès de moi
Dépose l'encrier, un vélin d'Angoulême,
Une plume, des fleurs et me montre du doigt
Dans les limbes d'un rêve, une beauté suprême,
À la ligne affolante, au corps voluptueux,
Un astre au féminin que ma muse dévore;
Quant à son cher visage, il est majestueux,
Son sourire est si beau qu'il ressemble à l'aurore.
Imaginez que l'aube épouse le couchant,
Vous aurez son regard, plus quelques hirondelles,
Ses battements de cils aux oiseaux, ressemblant,
Ressuscitent la nuit dans l'or de ses prunelles,
Son portrait souriant, ne vous déplairait pas,
Je promets que l'amour, le couvre de son aile
Une troupe de fleurs, irise ses appas,
Depuis toujours la rose éclose, parle d'elle,
J'aimerais vous en faire un lucide tableau,
Tout en traits délicats, réelle orfèvrerie,
Afin que vous puissiez comprendre mon pinceau,
Devant une telle œuvre, une telle embellie
Impossible pour moi de ne perdre raison,
Il faut la voir un jour, en jupe à pans, sa ligne
Est un ravissement, c'est même le balcon
D'un amoureux bijou, que l'idéal désigne.
Sa bouche à dés le soir la saveur d'un sous-bois,
Je n'échangerais pas même pour la fortune,
Une nuit avec elle au soleil de ses doigts,
Tant son charme s'accroit aux pâleurs de la lune;
Le baiser de Marie est un parfum du ciel,
Ne le répétez point, mon bonheur en atteste,
C'est un mélange doux d'aubépine et de miel,
Volupté du printemps, son haleine est céleste.
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