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J'aurais bien voulu naître auprès d'un vieux clocher,
Au lit de chers aïeux dans leur ferme authentique
La fenêtre donnant sur un joli verger
Où l'ombre d'un tilleul au charme bucolique.
En apprenant la vie avec un professeur
Qui m'aurait enseigné, l'art de la bonne aubaine,
Le bien-dire Français. Avoir comme âme-sœur
un griffon Vendéen, à l'âge de la peine
J'aurais connu l'école et l'étable et les bœufs;
La chair délicieuse aux bras d'une gamine
En me noyant d'amour dans l'eau de ses beaux yeux,
Adoré l'herbe haute au creux d'une colline.
Tels certains paysans j'aurais pu vivre heureux
Parmi les fleurs, les blés, fortuné de la terre ;
Au travail journalier du sillon généreux,
Connaitre la richesse avant le cimetière.
Du foin et de l'épi, respirer le bon air,
Menant au rêve bleu de la paille dorée,
Dormir sous l'aubépine où l'amoureux se perd
À l'heure ou mille oiseaux caressent la ramée,
Mon âme aurait cueilli des fleurs bien plus souvent
Et côtoyé sans trêve, au lieu d'hommes, des arbres,
Le sol aurait collé sur mes souliers du vent,
Le hêtre au tronc si lisse en copiant les marbres,
Aurait pu accueillir un nom en lettres d'or,
Celui d'un ange blanc couché dans la pénombre,
J'aurais sculpté des vers aux jours de messidor
Pour fondre du soleil au linceul de son ombre.
Alors le cœur ouvert, à l'heure et la saison,
J'aurais pu contempler la chute monotone
Des feuilles, sur la plaine où l'astre à l'horizon
Déclinant sur les bois puis voir mourir l'automne
Passer l'hiver au chaud dans un nid blond d'amour,
Au pas lent du silence agitant les aiguilles
D'une vieille Comtoise et lire à contre-jour
Au confort d'un bel âtre, un roman des Antilles.
Le dimanche à l'église en mains le beau missel
J'aurais pu croire en Dieu, devant tant d'harmonie
Et semer le bon grain au vallon paternel,
Puis m'éteindre un matin quand l'âme communie.
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