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Elle prend son essence au col de l'encrier,
Sur sa pointe une larme annonce l'élégie,
L'hommage mérité pour cet amour premier;
Cette plume appartient, à la belle endormie.
Aujourd'hui je puis dire après vingt ans passés,
Qu'elle était mon soleil, ma source romantique,
C'était un long printemps, ces rapides étés
J'en garde la saveur, d'une lettre idyllique.
Sous l'abat-jour parfois le soir, un livre ouvert
Au chapitre du cœur, me la fait apparaître;
A mon âme se lie alors un triste hiver,
La beauté d'un couchant qui ne veut disparaître
Et ne m'en voulez point, si je trouve essentiel
De faire son portrait alors que son cœur d'ange
Aurait pu contenir la terre et tout le ciel,
C'est lui qui prit l'envol, si fragile mésange.
Et je pourrais encore à grand coup de rubis,
Vous peindre son visage aux fleurs de la jeunesse,
Un profil enfantin, l'aube, d'un charme exquis
Et ce timbre de voix qu'ont n'entend qu'à la messe.
Tout me manque aujourd'hui, la douceur de ses yeux,
Un délice ajoutait à son regard l'aurore,
Mon Dieu, qu'elle était belle aussi près des adieux,
Elle semblait joyau que l'astre au soir dévore;
Sylvie était canon, c'était même une fleur,
Souvent elle riait d'une façon charmante,
Elle aura pour toujours une place en mon cœur
En restant ce brin d'or que la distance augmente.
J'aime me retrouver auprès de son ruisseau,
Quelquefois quand la peine arrose mes prunelles,
Je rêve que mon encre arrive à son tombeau,
Pour que mon âme ainsi, lui donne des nouvelles.
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