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Oui, la vie a du bon, même après mon départ
Il restera de moi, sous les traits de ma fille
Une aurore aux yeux clairs, j'espère à mon égard,
Juste un peu d'indulgence au moins de ma famille.
Au moment d'embarquer aurai-je des regrets?
Je souscris à ce vœu d'une façon légère,
En confiant à l'encre une once de souhaits,
Sachant que pour l'humain la vie est un mystère;
Je veux croire au destin que prolonge l'amour,
Qui laisse au souvenir l'éther mélancolique,
D'un ange dans le cœur, bonsoir école et cour;
Je sais au fond de moi que l'acte est symbolique;
Quand la pierre est scellée il ne reste au journal,
Que les parfums d'hier, la flamme d'une image,
Puisqu'après le mot fin, la mort est sans égal,
L'esprit importe peu, pour d'autres c'est l'adage.
Si l'encre refroidie au passage des jours,
Un sens me tient à cœur l'engrenage du cycle,
Chaque âme fait son temps, l'étoffe ou le velours
Que l'on soit riche ou pauvre un sort est à l'article.
Quand coulera le soir, juste avant le cercueil,
Je veux me rappeler, les bonheurs de l'enfance,
Le style éblouissant de mon brûlant recueil;
Réentendre les voix effaçant la distance,
L'appel de mon père évoquera le Doubs,
La fratrie en douceur dissipera les voiles,
En pensant à Mathilde aux regrettés matous,
Je ferai c'est certain un grand signe aux étoiles.
La polaire Sylvie et son char d'or, d'enfants
Inondera mes yeux des plus sincères larmes,
Me portant d'une traite aux fleurs de mon printemps,
je serai de faïence en déposant les armes.
L'hommage au quelque femme éclairera ma nuit,
Mais c'est avec ma mère et l'infante Sophie
Que s'éteindra ma braise au temple froid du lit,
J'espère un franc adieu, sans que la mort me prie.
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