|

Je pense à toi, à tant de belles choses; par cette lettre
J'espère être ton rossignol, rien de moins, rien de plus, alors
Une fois de plus j'ouvre mon coeur où tremble ton élégant
portrait; quand je t'écris j'ai toujours l'impression que tu es
près de moi, comme si l'espace et le temps n'existait plus.
Une fois de plus j'inventerai pour toi des mots enrubannés
de velours, tu m'as offert la vie et ses nombreux cadeaux,
Je te dois les papillons, les fleurs, le chant des oiseaux,
le ciel et l'eau et bien évidemment le plus cher de ma vie
"Sophie", mais aussi l'écriture avec ses milliers de fils d'or.
Ma plume aussi frêle soit-elle devient un coquelicot bercer
par la brise légère de juin, mon encre, elle s'écoule à travers
chaque pierre, qu'elle soit tombale ou du chemin.
Il suffit qu'un rayon de soleil transperce une branche pour
que remonte en moi les joies pures de l'enfance à travers
la poussière d'or.
Ton souvenir fait fondre n'importe quelle neige, n'importe quel
silence c'est un perce-neige flamboyant.
J'ai cette sensation perpétuelle, ce présage divin de croire
aux mêmes choses en même temps que toi, cette présence
charnelle inonde mon esprit, comme un fruit juteux le bonheur
se répand sur mes pages, tu demeures un mythe, tu es celle
Qui donne sans jamais reprendre, tout l'amour que tu m'offres
il est sans ombre, sans blessure, comme un pain quotidien
Il nourrit ce que j'ai de plus beau, de plus pur.
Grâce à toi, jamais je ne marcherai sur des fleurs, car le faire,
serait un crime envers les papillons, envers les enfants qui
rêvent encore, envers les adultes qui cherchent d'autre
richesse que celle de l'argent.
Chaque fois que je pense à toi, c'est comme si j'ouvrais
un coffre de santal rempli de pétales de rose, de bijoux
rutilants, d'images d'Epinal, tu sais comme ces parfums
qui nous ramènent au printemps de la vie, sur un chemin
semé de fleurs, à l'âge ou l'on crois encore aux anges (mais
c'est bien normal lorsque l'on se trouve dans les bras de sa mère),
à l'âge ou chaque minute est d'un bonheur intense, pour tout
enfant chaque étoile est une âme, chaque mère une fleur.
Toi qui ma gentillement offert des racines et deux ailes, ainsi
que cette braise qui m'accompagne où que je sois, avec cette
certitude de n'être jamais pauvre puisque je suis riche de toi,
peut-on séparer un roi de sa couronne!
Je veux que cette lettre soit rempli de soleil, de pétales rose et
blanc, de chants d'oiseaux, afin qu'elle te soit douce, comme
le murmure d'une source au fond d'un bois, pour que chaque
mot touche ton coeur, de son aile en dentelle, un peu comme
une provision d'amour.
|