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J'ai ce soir, sur ma table, une plume et de l'encre,
Au fond de moi des fleurs me rappellent autrefois,
Alors que vers l'ouest un coin de cieux s'échancre,
Je sens naître un soleil au rayon de mes doigts.
La tendresse s'écoule avec l'or et la myrrhe,
Comme fleurit la rose à l'improbable endroit,
Une barque en velours au fil de l'eau, m'inspire
Des vers bleus sur papier, ce poème est pour toi;
Qu'il soit le rossignol au bord de ta fenêtre,
Cette gerbe nouvelle imprégnant le présent,
Ainsi que pour ton front le meilleur de mon être,
L'invisible lien que nul écart dément.
A l'image du son d'une corde sensible
Qu'il entre dans ton cœur comme l'aurore au bois,
Qu'il inonde tes yeux d'un alpage paisible,
Qu'il charme ton oreille avec l'art de l'hautbois.
Qu'il t'offre mille oiseaux, aux grandes ailes blanches,
D'adorables ibis; au jour de ton départ
pour la voûte étoilée, ainsi que cent pervenches,
Ton calme plein d'amour sera ton étendard.
Il ne faut avoir peur d'un parallèle monde,
Tes parents seront là, tes frères et tes sœurs.
C'est entouré des siens que la flamme est féconde;
De tendres anges blancs te jetterons des fleurs,
Et longtemps ici-bas tu vivras dans les âmes,
Dans celle de Sophie, et plus vif que la mort
ton nom allumera de riches épigrammes.
C'est par le souvenir que l'on revient au port.
L'histoire continue, abeille de la rose,
Etrange don d'esprit tu vivras par le sang,
La braise sous la cendre explique bien la chose.
L'amour ne meurt jamais dans l'âme d'un enfant.
Ma petite maman je grave dans le marbre,
Ce que mon coeur te doit, de douceur, de cadeaux;
Le prénom de Sylvie est gravé sur un arbre,
Il est des fleurs en moi qui sont de chers flambeaux.
En puisant dans mon coeur, les roses que je cueille
Te diront mieux que l'or, le bon sens de ce mot,
Pas de crainte maman avant que Dieu te veuille,
Avant ton grand départ, il coulera de l'eau.
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