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Que j'aimais mon village au moment de la paille,
Autant que le vieux chêne au cœur de nos forêts,
Comme le rossignol nichant dans la broussaille.
Je plains le voyageur ne s'arrêtant jamais
Devant un paysage au couchant écarlate
Ou n'étant point ému par un vol de moineaux,
S'abattant sur les blés à l'heure où l'aube éclate.
Mais, connait-il vraiment le jargon des ruisseaux
Au pied d'un vert vallon. l'authentique nature
Où fleurissent déjà, le timide fusain
Et l'églantine en fleur; sait il ce que procure
La flûte d'un pinson aux ordres du matin.
Ou l'amour filial entre la blonde abeille
Et les reines d'avril, que la douceur produit,
Ainsi que le soir blond que je nomme, merveille!
Quand la campagne prie en attendant la nuit.
Soupçonne-t-il en vrai, que le terreux inculte,
En connait plus que lui, sur le monde ici-bas;
Snober le paysan, serait lui faire insulte,
Mais qui donc plus que lui, procède pas à pas.
Avant les premiers foins, quand la terre est en fête
J'aime l'apaisement des longs jours de juin;
Se nourrissant des fleurs la muse du poète
Ecoute avec respect l'aubade du serin;
Toujours quand je reviens ma plume passe à table,
C'est d'abord au Mont-Bart puis ensuite au moulin
Que verse mon besoin, le bijou véritable
Pour moi, reste le Doubs, j'aime son doux refrain;
Mais un autre trésor la source à la prairie
Ravive mon plaisir; je sens fondre mon cœur
En revoyant le merle où la bleue ancolie;
De même que le temple au charme ambassadeur.
Le lion de la fontaine au centre du village
Mérite quelques mots, il faut bien avouer
Que ce coin Franc-Comtois possède un bel adage
Celui d'un pays roi, que l'on ne peut manquer.
A mon âge aujourd'hui mon âme s'apitoie,
En retrouvant la pierre où dort celle qui fut
Le printemps de mes jours; alors que je larmoie,
Je prie avec égard, amer et confondu.
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