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Avril quatre-vingt-dix nous allions solitaire,
Se tenant par la main, sous le céleste drap,
Tout en rêvant de fleurs, d'amour plein de mystère,
En nous se consumais un thème d'opéra.
Mon Dieu! vous étiez belle et même plus encore,
C'était à la prairie aux confins de Bavans;
Vous aviez dans les yeux la beauté de l'aurore,
L'innocence d'un ange édulcoré d'encens.
Tout chantait dans le bois, les oiseaux et la source,
Votre robe en volant émerveillait mes sens,
Le vent dans la ramure emportait dans sa course,
Pétales, papillons, ainsi que nos serments;
Sous l'accueillante roche à l'ombre romantique,
Nous, nous étions assis sur un coussin herbeux,
J'imaginais les mots, d'un poème onirique,
Une missive rose en verbes si heureux,
Que même votre cœur s'écoulerait en larme,
Comme l'âme d'un rêve arrose l'écrivain,
Assiégé par les fleurs, la plume était une arme,
L'instant était exquis, le feuillage divin,
Vous offrant un bouquet je n'avais qu'une envie,
Que son parfum vous dise aussi bien qu'un bijou,
Combien je vous aimais, adorable Sylvie,
Que je n'avais qu'un voeu, Vivre sous votre joug.
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