|

Le temps comme le sable efface bien des pas,
Inexorablement virevolte la terre;
Solide et chaleureux ce qui ne change pas,
Pas même au fil des ans c'est l'amour d'une mère.
Comprenant le malheur, il faut plaindre l'enfant,
Le bambin orphelin, privé dés son jeune âge
Du bonheur maternel, du riche attachement;
Rien ne peut remplacer le tout premier visage
Et le lien fraternel qui lie à la maman,
De ses bras au tombeau, demeure irremplaçable
Et pour le dernier cri, c'est elle, en expirant
Que l'on appellera, d'une voix charitable.
C'est facile à comprendre, ainsi pendant des mois,
Neuf, pour être précis, son coeur était le notre,
Ce miracle insensé n'arrive qu'une fois;
Le psaume d'une mère est-il plus bel apôtre?
L'humain comme l'oiseau se rappelle son nid,
Année après année une même tendresse
Arrose ses vaisseaux, caresse son esprit,
Tout le miel de l'enfance à son âme s'adresse.
Voila pourquoi mes chers d'un rose sentiment,
J'ai gravé dans mon coeur ma noble fondatrice,
L'amour originel rutile au firmament,
Nous parlons entre nous, d'une sourire complice;
Pour lui faire plaisir j'ai cueilli cent bouquets,
Jonquille et bouton d'or, aujourd'hui je l'avoue
J'ai remplacé les fleurs par d'émouvants sonnets,
C'est à son beau regard que mon encre se noue;
Aux cendres du couchant, ma muse frôle l'or,
Pour bercer son sommeil d'un chaleureux poème,
Avec des vers bleutés, comme le son du cor,
La plume entre les doigts lui dire que je l'aime.
|