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Je rêvais bien de toi, sur les chemins d'enfance,
Chaque fleur me semblait un divin monument;
Sur l'écorce des troncs j'écrivais en substance,
Avec art et tendresse un message émouvant.
Je te savais déjà quand juillet blond de paille,
Caressait la ramure à l'aube des beaux jours,
Même face au soleil, mon cœur était de taille
Pour braver le destin, fidèle à mes discours,
J'hallucinais un songe alors en donnant vie
A la femme suprême, au corps intimidant
Et je croyais renaître en buvant à la lie*
L'ondoiement des moissons, à la page du vent.
Même le rouge-gorge à l'ombre de l'orée,
Me saluait bien bas de sa trompette d'or.
D'un geste plein d'amour, j'habillais ma pensée
En récoltant des mots, digne de messidor.
Sans douter de ma flamme, alors à douce dose,
Louable et solennel, m'inclinant à genoux,
Sur la tombe du temps je déposais ma rose,
Pour que je puisse encore écrire des bijoux.
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