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Tu dansais mon amour…
Ton ombre qui dansait dans les bras du soleil
Intriguait la chanson pleine de fausses notes,
Alice se cherchait son pays des merveilles
L’esprit déboussolé, le cœur en papillote.
Tu dansais, imprudente, sur un fil de dentelle
Comme ce funambule qui se fraie un sentier,
Un chemin du hasard ultime passerelle
Pour y poser ses pas et pour ne pas tomber.
Tu dansais en mimant les pentes du vertige,
Tu dansais soulevant le blond des champs de blé,
Tu étais cette fleur oscillant sur sa tige,
Quand les voiles du vent se mettent à gonfler.
Moi je te regardais dans cet art éphémère
Où tout prenait la forme d’un moindre mouvement,
Toi tu te délivrais des courbes de la terre
Sur la pointe des pieds dans un sautillement.
Plus rien ne t’arrêtait, tu étais dans ton monde,
Celui qui n’appartient qu’aux espiègles enfants,
Ceux qui refusent un jour de rentrer dans la ronde
Où l’on se prend la main sans être méfiant.
Tu n’étais plus d’ici, ton ombre était ailleurs
Dans d’autres galaxies, d’autres ballets d’étoiles,
Là où le poids du corps est en apesanteur,
Là où d’autres planètes ouvrent leurs yeux d’opale.
Tu rythmais tes désirs dépourvus d’artifice
Dans la simple esthétique d’émotions maîtrisées,
Le corps n’est qu’un objet modelant les prémices
Des actions réussies ou des actes manqués.
Dans le creux de tes reins glissaient des arabesques
Qui réclamaient aux dunes leurs formes ambigües
Dues aux simples fantasmes des danses des mauresques
Qui cachées sous leur voile en paraissent plus nues.
Tu dansais mon amour sans contrôler ton corps
Comme dansent les flammes quand le feu les anime,
Tu dansais mon amour sur un air sans accord
Que pourrait nous chanter avec ses mains un mime.
Claude écrit le 13 Août 2021
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