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..Insolites à Nous-Mêmes, dans le Sourire ou la Fureur, nous portons et côtoyons à chaque instant, l’Auto-Illusion, l’Insignifiance et l’Inhumain. Toute Parole s’origine et parle dans l’Enigme et la Méconnaissance de sa propre Origine. Toute Grammaire censée ordonnancer un Monde et des Co-Existants, a pour Sol, Fissures, Sables mouvants du Sens, à la Lisière flottante de l’Incompréhensible et du Sans-Fond. Beauté, Amour, Bonté flamboient l’Espace d’un Instant, leur apparente Profondeur, l’Emotion fugitive qu’ils libèrent, l’Obscur qui les entoure, toujours nous laissent insatisfaits et toujours désirants, dans l’Excès d’un Désir incomblé…
A Nous-Mêmes Mystère, le Mystère se déploie et se ferme au Coeur impénétrable des Consciences que calcifient l’Egoïsme et l’Orgueil, que voilent, à notre Insu, les Orages, les Séismes intérieurs, l’Infra-Visible, l’Insignifiance...Ô Paroles interloquées devant l’Insondable des Mondes et du Vivant-Mourant, devant l’Insondable de la Précession des Univers sur la Chair et l’Humain tard venu. Ô Paroles en vain tentées devant la Contingence et la Nécessité de l’Être-Ainsi, sans Fond et sans Modèle et sans Destination...L’Initial se déploie, se retire et se perd dans les Brumes de l’Inconnaissance et le Recouvrement par les Savoirs hypothétiques, inextricables…
Avènements et Déchéances rythment l’Entièreté du Monde et des Etants, Expansion puis Déclin de toute Forme de Présence, Multitude frénétique des Êtres et des Choses, brèves Incandescences, brèves Fulgurations, Poussées d’Être, Déflagrations et Désertions, Absence, Joie, Deuil et Solitude, Larmes parce que s’ouvre un Commencement, parce que naît l’Insolite d’une Origine comme une Aurore ivre d’Amour et de Désir, parce que s’éteignent énigmatiquement ces Lueurs d’Inconnu, Etincelles chatoyantes dans l’Espace infini…
Quelle inouïe Question déchirerait enfin, cette Epaisseur de Silence accablant qui clôt les Origines et la Présence et les Fins dernières ? Quel Temps faudra-t-il endurer, quelle Patience ardente avant le Temps d’Ouverture et d’Eveil et de Déchiffrement des Signatures cryptées du Réel, peut-être à jamais incompréhensibles ? Combien d’Egarements, de Peines, de Risques et de Souffrances et combien d’Errements dans les Bonheurs futiles des Avenirs rêvés ? Je m’essaie vainement à la Célébration et à l’Admiration, le Soleil n’embrase plus que vaguement le Chant des Jours, la Profusion des Mondes et sa Lumière jadis divinisée, s’enténèbre pour moi, dans l’Âge, de Crépuscules et de Mélancolies. Douleur l’Ainséité des Choses !
C’est tous les Jours le Jour de notre Mort certaine, les Jours de l’Impossible. Voûtés sous la Surabondance d’Insolite, sous la Pesanteur de la Chair et le Bruissement pathétique d’Insignifiance, nous sommes Silhouettes et Visages indéfinissables dans l’Esseulement de la Terre, Vérité, Non-Vérité s’entrappartiennent comme la Prolifération des Formes et leur Effacement, comme s’unissent le Sublime et l’Abject, les Sommets et les Gouffres...Echos et Traces sont les Signes insignifiants de la Poussée aveugle des Espèces. Brèves Flammes ! Consumation !
Ecce ! Voici l’Homme et la Femme semblables et dissemblables, unis conflictuellement dans l’Intensité du Plaisir aux Confins de la Mort, cherchant peut-être, l’Eternité paisible de l’Inerte...Ô laisser venir en Soi, me disais-je, dans le Trop de Présences et de Jours, et se répandre le Baume d’Inespérance ! Ô l’Insolite !…..
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