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Très vite, nous sommes sortis des sentiers battus.
Nous avons emprunté un chemin discret qui suit la rivière.
Un soleil éclatant occupait le ciel quand Jane apparut au bout du chemin.
Pâle, alanguie et l’œil de fièvre elle pressa sur ma gorge sa bouche brûlante entrouverte.
Dans cet état d’excitation je perçus une nette angoisse. Nous étions déjà entrés l’un en l’autre.
D’entre ses dents je voyais la langue vive de Jane se figer dans une bouche inondée d’où s’échappaient en une haleine cuisante des râles rauques.
Dans cet incendie un frisson total nous parcourait le corps, et le visage même et le cou de Jane sous le poids du plaisir ont changé de grain et de couleur de peau.
Ses odeurs viraient et se multipliaient dans une partition insensée et de plus en plus enivrantes.
Oh ! Jane, ce qui nous fut donné là fut grand, grave et profond.
Depuis nos retrouvailles nous ne nous étions échangés que peu de mots.
Quelle force nous rivait ainsi l’un à l’autre,
quelle loi plus inexorable que celle qui soude deux aimants ?
Nos corps fourbus, toujours tendus au regard de l’autre, nous avions voulu nous raconter avant d'envisager la séparation.
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