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Pendant mon sommeil, si ta main de mes jours déliait la trame
Vision d'ombres sanguinolentes
J'irais m'éveiller dans ton sein céleste moitié de mon âme
Râles d'expirations lentes
Rien n'est plus doux que de s'en revenir
Leur chant vif se hérisse à des jets d'étincelles
Par le chemin de l'innocence par le souvenir
Vers les minuits affreux d'horloges solennelles
Du fond de quelque crypte aux vagues profondeurs
Éclate l'harmonie étrange au rythme bref
Elle a l'éclat parfois des subtiles verdeurs
Que la harpe sublime de sons en relief
Dors, Justicier futur, dompteur des anciens crimes
Sur les plages de l'île des mensonges
Dans l'attente et l'orgueil de tes faits magnanimes
Sur la nef des rêves fuyons comme des songes
Et vous tombez toujours, mêlant vos agonies
Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées
Vous tombez, mariant, pâle, vos harmonies
Bel ange aux yeux d'azur, aux paupières voilées
Des vers silencieux, sans rythme et sans trame
Ce front noirci du hâle infernal de l'abîme
Où la rime sans bruit glisse comme une rame
Cet oeil où nage encore la vision du sublime
En un vaste écho, la grande âme inquiète
Je ne puis l'approcher qu'en des vapeurs de rêve
De la mort et du temps entreprend la conquête
Malheureux, plus je vais, et plus elle s'élève
Toi qui combats toujours, et toujours plus ardent
Vous croyez en l'amour dont l'âpre feu vous presse
De triomphe en triomphe atteints à l'occident
Mais la fleur que vous brisez soupire avec ivresse
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