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Sad-Eyed Lady Of The Lowlands ( Pour ROLAND )

le lundi 24 mai 2021, à 19:50. Posté par Pierre (auteur : BOB DYLAN)













DAME AUX YEUX TRISTES DES BASSES TERRES
( Sad-Eyed Lady of the Lowlands )





Avec ta bouche de mercure par des temps missionnaires
Et tes yeux de fumée et les rimes que sont tes prières
Et ta croix d’argent, ta voix de carillon
Oh qui d’entre eux, pensent-ils, pourrait t’enterrer ?
Avec tes poches enfin bien protégées
Et tes visions de tramways que tu poses sur l’herbe
Et ta chair comme soie, ton visage comme verre
Qui pourraient-ils trouver pour te porter ?
Dame aux yeux tristes des basses terres
Où le prophète aux yeux tristes dit qu’aucun homme ne vient
Mes yeux d’entrepôt, mes tambours d’Arabie
Devrais-je les laisser à ta grille
Ou bien, Dame aux yeux tristes, devrais-je attendre ?



Avec tes draps comme métal, ta ceinture comme dentelle
Et ton paquet de cartes où manquent l’as et le valet
Tes vêtements de cave et ton visage creux
Qui d’entre eux peut penser qu’à jour il te percera
Avec ta silhouette quand le soleil décline
Dans tes yeux où nage le clair de lune
Et tes chansons pochettes d’allumettes et tes hymnes gitans
Lequel d’entre eux essaierait de t’impressionner ?



Les rois de Tyr avec leurs listes de forçats
Attendent alignés leur baiser de géranium
Et tu ne savais pas que cela se passerait ainsi
Mais lequel d’entre eux ne veut vraiment que t’embrasser ?
Avec tes flammes d’enfance sur ton tapis de minuit
Tes mains espagnoles et les drogues de ta mère
Ta bouche de cowboy et tes prises de couvre-feu
Qui, parmi eux, crois-tu, te résistera ?



Oh, les fermiers et les hommes d’affaires, ils ont tous décidé
De te montrer les anges morts que d’habitude ils cachent
Mais pourquoi t’avoir choisie pour être de leur parti ?
Ils souhaitaient te faire endosser les fautes de la ferme
Mais avec la mer à tes pieds et la fausse alerte
Et avec l’enfant d’un voyou langé dans tes bras
Comment auraient-ils jamais, jamais pu te convaincre ?



Avec tes souvenirs de fer-blanc de la rue de la Sardine
Et ton mari-magazine, un jour il a fallu qu’il parte
Et ta douceur maintenant, que tu ne peux éviter de montrer
Qui, parmi eux, penses-tu, t’emploierait ?
Maintenant, tu es avec ton voleur, tu vis sous sa caution
Et ta médaille sainte que tu pliais du bout des doigts
Et ta face de sainte, ton âme de fantôme
Qui, parmi eux, crois-tu, te détruirais ?




( BOB DYLAN – « BLONDE ON BLONDE » - 1966 )



( Pour Mon Ami ROLAND )






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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
louisarmand1972 le mardi 25 mai 2021, à 17:43
Mon cher, très cher ami Pierre, je te remercie bien bas et le chapeau tendu pour ce superbe poème surréaliste, comme je les aime et qui déploie ses ailes majestueuses dans mon ciel gris d'aujourd'hui... Merci mille et une fois merci !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ton ami à toujours, Roland

rainbow le samedi 29 mai 2021, à 23:54
Mon très cher ami Roland,
C'est en effet un magnifique texte-fleuve de Bob !!!!! La chanson, qui dure 11', occupe
toute une face du double album !!!!!!!!! Pierre

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