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En pays Bavanais une montagne, toise
L'épousailles du Doubs et de l'Allan, sans heurt
L'onde s'écoule en moi, cette eau vive Comtoise,
Bascule en larmes d'or dans l'urne de mon cœur;
Juste au pied du Mont-Bart son écrin émeraude
Accompagne le flux, peigné par les herbiers,
Sous son miroir dolent le chevesne en maraude
Surveille l'éphémère avant les blancs radiers.
Près des bords ombragés, à deux pas de la rive
Le drap des nénuphars angélise l'endroit,
C'est le plus pur tableau que ce terroir écrive
La beauté de son lit n'est point son moindre exploit;
Il chuchote souvent, raconte quelques songes,
Caressant les roseaux, bichonnant les galets,
Vient sourdre sur les fleurs ignorant les mensonges,
De méandre en méandre il devient un palais.
Quand je reviens chez moi, sa grâce me courtise,
Sous les feuillages clairs, ses beaux reflets d'argent
Attendrissent mon âme, un peu comme une église
Son cours capte le jour, ressemble au firmament
Rempli d'étoiles d'or où repose mon père,
En inversant les cieux, je pourrais lui parler,
L'âme va-t-elle au ciel, réelle ou légendaire
Je veux croire à ma fable, au bonheur de rêver.
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