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J'ai gardé bien longtemps, comme en un médaillon,
A l'abri dans mon cœur, d'une fille idéale,
Adorable à souhait un savoureux prénom.
C'est une goutte d'or, aube immémoriale,
Une lettre d'amour que m'adresse aujourd'hui,
La mémoire du temps, avec l'art d'être belle,
elle enflammait mes sens, mon âme sans répit,
Une ligne à damné, dans l'oeil une étincelle,
Quelque chose de beau, un charme si touchant,
Si riche de soleil, qu'il me poursuit encore,
Le firmament humain, l'aube au point culminant,
Qui fait aux yeux, cadeau, de l'ineffable flore,
Son regard lui, disait, regarde mon printemps,
Vois, sous mes cils l'amour et semblait une touche
Frissonnante d'azur ourlé de noirs rubans.
Son rire ruisselant débordait de sa bouche,
Mon désir Platonique angélisait l'instant
Et je rêvais de boire au rayon de sa lèvre,
Les flammes et les fleurs, au flux attendrissant;
Son sourire semblait le trèsor d'un orfèvre.
Un modeste coup d'oeil dans ma direction,
Et je brûlais sur pied, sans pouvoir faire un geste,
Je n'avais que douze ans, déjà la passion
Emerveillait mon cœur telle eau vive céleste.
Un invisible amour, caressait ma raison;
Elle avait la splendeur, d'une rose à l'aurore;
La perle au coins des yeux; l'âme en fleur, au front,
La parfaite beauté, que rien ne déshonore.
Je contemple à présent dans les débris touchants,
Le fleuve languissant où se mire mon ombre,
Il m'arrive souvent en remontant le temps,
De revoir ce filon, même dans la pénombre.
Ce rêve évanescent qui me comble en secret,
Comme un baiser volé, dans mon coeur je le range,
A l'heure du trépas, ni larme, ni regret,
Encore brillera cette fille aux traits d'ange.
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