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A l'aube de ma vie Un brin rêveur, déjà,
Jeune, naïf, j'étais Victor aux feuillantines,
Au secret d'un grenier lire était mon dada,
Les mots avaient pour moi le goût des églantines,
Sous les chevrons obscurs je savourais Ronsard,
Le charme de ses vers, pareil qu'une aile blanche,
Caressait mon esprit, de même mon regard,
Je recevais de l'or, des fleurs en avalanche.
Ce bonheur enfantin plus tard il fut au champ,
A l'heure où sous un chêne un oiseau romantique,
S'époumonait d'amour, émerveillant le vent,
J'admirais tout autant son plumage authentique
Et recherchais son nid à l'abri d'un rameau,
Pour découvrir ses œufs, aux nuances pastelles,
Où quelques fois chanceux, les anges du berceau,
Je regardais le ciel sillonné d'hirondelles.
Je fus plus tard sensible au poète amoureux,
J'étais cet oiseau-lyre à la belle éloquence
Et ce merle moqueur au couplets savoureux,
Je brodais chaque vers sur le fil du silence.
L'âme sentimentale à l'approche du soir,
Comme Hugo j'attendais la divine étincelle,
Avant le rendez-vous, dans un livre à fermoir,
J'incérais quelques fleurs, un cadeau pour ma belle..
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