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Tout chante dans les champs, au milieu des blés mûrs,
L'arbre nourrit l'esprit, la flore est une fête,
L'homme est libre au sillon, point entre quatre murs,
A l'âge de raison j'enviais le poète;
J'avais pour compagnon la source et le chemin,
Dans les bois du Mont-Bart, obscur, mélancolique,
La faune était heureuse et l'ombrage un écrin,
Mon cœur était en proie au souffle romantique.
Si j'ignorais l'amour, un auguste frisson
Inondait tous mes sens. dans la forêt profonde
La solitude est d'or, le silence fécond,
La vie rayonne aussi mais c'est un autre monde.
Au royaume des fleurs j'étais un exilé,
C'est une larme à l'oeil, l'âme spirituelle
Que j'écoutais l'oiseau, plein de félicité,
J'aurais donner mes jeux, pour le linceul d'une aile.
L'idylle du pinson, du merle jouvenceau,
Il faut la voir en vrai, pour comprendre la vie,
Même au coeur des buissons le nid est un berceau,
Avril un Paradis que la douceur bénie,
Le miracle des fleurs, la lyre des tarins,
La messe de la source où le vent dans les branches
Au livre du bonheur ajoute des quatrains,
Le poème léger de l'enfant aux pervenches.
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