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Quand donc ai-je rêvé pour la première fois?
L'ouragan fabuleux, d'une affolante femme.
Je me souviens surtout, du désir aux abois,
De l'éblouissement, de ma tendresse en flamme.
Avais-je quatorze-ans, peut être un an de plus,
J'imaginais le ciel d'une robe qui vole,
Où l'amorce d'un sein; tout ce style d'abus.
Pour les tissus légers je réclamais Éole,
Au moindre coup de vent, je me gavais de chair,
La plus intime cuisse, à la beauté brûlante
Caressait ma pudeur, l'espace d'un éclair,
J'illuminais mes nuits d'une flamme fervente.
Elle était brune, blonde une couronne au front,
C'est toujours au matin qu'une rose lascive
En parlant à mon âme affrontait ma raison,
La fable de l'esprit coulait comme l'eau vive;
A chaque pas de fleur, l'amour me promenait,
J'avais aquis leur nom aussi bien que l'abeille,
Seul l'arbre au fond des bois connaissait mon secret,
Sans relâche l'idée à la source, s'éveille.
Je savourais la femme admirant ses appas,
En nuisette, en jupon, ce fabuleux miracle
Emerveillait mes yeux, angélique repas,
J'imageais tous mes sens, du plus divin spectacle.
C'est dans un champ de blé que je voulais cueillir,
A l'ombre d'un pommier ma première ancolie,
J'osais ce songe fou, de pouvoir l'éblouir,
D'or et pétales blancs à la neige infinie;
Comme naît au jardin la rose du printemps,
Mon coeur savait déjà, qu'il suffit d'un sourire
Où d'un furtif clin-d'oeil pour être épris longtemps,
Chaque jour en rêvant j'attendais l'oiseau-lyre.
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