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Blessures matricielles. Quête de la Demeure.
….. Amont des Mondes et des Immensités ! Eternité des Univers selon l’Infinité de la Matière, Cataclysmes, Harmonies éphémères, Violences, Quiétude, Ecroulements, Silence, Cycles perpétuels ? S’il en fut, que furent alors les Commencements, de Rien, du Rien venus ? Une Obscurité inscrutable les recouvre à jamais. Le Savoir s’épuise en un profond Passé d’Abîme et de Béance. L’Occultation sied à la Connaissance et à la Vérité, son Ombre et sa Réserve, son Filigrane et son Secret, son Héritage et son Avenir de Questions, D’Âge en Âge...Une Etoffe de Brume enveloppe dans la Puissance de ses Plis, la Lutte des Consciences et les Blessures originelles, la Merveille et le Sortilège des Rêves, leur Labyrinthe houleux, brisé et clandestin…..
Déchirures dans la Trame des Mondes, Fissures des Fondations et des Principes, Arrachement par la Naissance, Corps basculés dans l’Individuation et la Souffrance, où diriger nos Regards esseulés, nos Pas errants ? Quel Visage essentiel recueillera nos Yeux de Suppliants et notre ardent Désir pour la Reconnaissance ? Quel Baume apaisera nos Blessures inhérentes, les Stigmates de Sang à la Nudité de nos Mains et la Douleur, depuis les Siècles, de notre Pied noueux, tordu ? Quelle ultime Demeure attendra, ou de Vie ou de Mort, secourable, la Fin de nos Errances ? Je parle d’un éternel Eloignement, d’une éternelle Discordance ! L’Errance sera peut-être notre Quête sans Fin, notre essentielle Vérité ?
Amont introuvable des Mondes et de l’Humanité, un Interdit pèse à jamais sur tout Retour, sur toute Remontée ! Encavements de la Mémoire, Trouées immenses de l’Oubli, Chemins de la Raison embroussaillés, Fondrières du Temps, un Précipice de Silence engouffre et le Visible et le Dicible. Points aveugles, Paroles nécrosées, Promesses imparfaites de la Pensée et du Poème...Je songe aux Emergences en Enigmes, aux Advenues imprévisibles, à la Dominance du Sort immémorial, à l’Injustice de la Chance, je songe aux Dissonances et aux Blessures des Coeurs irréconciliés, au Vertige de la Spirale des Convoitises et des Désirs adverses, à la Rivalité à Mort des Concupiscences du Corps et de l’Esprit, au Drame de l’Inassouvissement des Envies…..
Errance, Peurs et Rêves mêlés, Origines occultes de toute Signifiance et Violence cachée de toutes Origines et nous ne savons pas dans la Méconnaissance native de Nous-Mêmes, le Lieu, la Source ni la Question ni même l’Essence du Non-Savoir ni le Surgissement des Passions qui déchirent et nous mènent ni la Ténèbre étrange sous les Visages familiers, hiératiques et figés...J’écris de la Blessure génératrice et matricielle du Naître, des Cicatrices de la Conscience, des Bégaiements de la Parole, de la Nodosité mouvante des Désirs...Désir d’être, Désir d’avoir pour être, Désir accru parce que l’Autre également désire, Désir de Braise et de Couteau pour priver l’Autre d’assouvir son Désir, Guerres intestines et souterraines, Meurtres originels…
Blessé d’Amour et d’Enfance perdue, je parle, j’écris à partir de la Fin, de la Ruine et de l’Evanescence, dans la Fascination pour le Charme insolite de l’absolue Tranquillité des Morts, je parle à partir de la Désolation, du Pathétique de la Matière éternelle et ultime d’où proviennent et deviennent les Formes fugitives, où ira toute Forme à jamais s’abolir...Nous sommes de Chair et d’Os, de Langueur et de Songes, de Terre et de Lointains, d’Exil, des Êtres vers la Fin. Frêles Présences englouties perpétuellement au Flot continu du Magma de Matière, dans l’Indifférencié d’où naîtront d’autres Figurations, effondrées à leur Tour pour de nouvelles Effigies inouïes et faillibles...S’allume, s’éteint, reprend le Feu cosmique continuellement, Puissance germinative, Puissance oblitérante…..
Je regrette mes Rêves de Jardins opulents et mythiques entourant la Demeure essentielle, natale et utérine de hauts Murs symboliques, de Magnolias anciens aux Parfums roses et tendres, de Chevelures intenses de Vignes retombantes en Cascades de Grappes à l’Ivresse promises, je regrette mes Songes de Huttes archétypiques de Branchages et de Feuilles, autour du Feu central d’où s’élèvent de sourdes Mélopées, des Récits de Clans et d’Origines. Je parle de la Blessure d’Absence et du Délaissement, de la Horde ancestrale fuyante après le Meurtre, le Rapt et la Rapine, je parle de la Faute tranchant le Continu du Familier des Jours et de l’Effarement des Coeurs, de l’Epouvante devant le Vide. Pleurent alors les Demandes d’Amour et de Pardon, les Suppliques réitérées pour le Centre perdu, pour les Initiatrices et les Initiateurs défunts...Nous sommes en Quête de la Demeure…..
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