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Une image en mon cœur tel un rubis, chatoie,
Si j'évoque aujourd'hui, cette époque qui dort;
C'est qu'un besoin vital tendrement m'apitoie,
Ce soin mémorial reste pour moi de l'or.
Aux pages du passé le fleuron d'une aïeule
Parfume mon présent, d'un élégant lilas,
Cette toile d'antan, que l'histoire enlinceule,
D'un grain comble mon front et me parle tout bas;
Le but de cet écrit est d'abord un hommage
A ma douce grand-mère aux jolis cheveux blancs,
Comme un torrent d'amour, son émouvant visage
Reflétait sa bonté, ses gestes éloquents,
Ma verve sémantique est-elle un héritage?
J'ai plaisir à le croire en me remémorant
Ses mots sertis de fleurs, parfumant son langage,
La douceur enchantait son Germanique accent.
Chaque heure à ses côtés s'épuisait de tendresse,
Son regard rutilant ressemblait à la mer,
Parmi tous ses trésors, j'aimais sa longue tresse,
Son sourire aux traits doux, de même son teint clair;
Elle me chérissait tout autant que ma mère,
Et prédisait déjà que je serais l'enfant,
Au pouvoir flamboyant, c'est bien involontaire,
Si mon cœur chaque jour à besoin au présent
D'épancher son encens, l'éloquence m'élève,
En liberté, ma plume aime cueillir des fleurs,
Du poétique élan, je suis le bon élève,
La langue de chez nous possède des splendeurs,
Des mots de grand-maman je m'en nourris encore,
Mathilde était un ange au céleste patois,
Sa prière du soir pour moi c'était l'aurore,
Je m'en fait un bouquet aux extraits d'autrefois.
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