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Ce pont entre le rêve et la réalité
Je me l’imaginais à piliers d’arc-en-ciel
Surplombant une baie aux reflets irisés
Parcourue d’une voile au parcours informel.
J’entrevoyais là-haut les feux tournants d’un phare
Qui jetait des éclairs dans l’orage du soir
Et priait le marin d’attacher les amarres
Pour, quelque temps du moins, à sa route sursoir.
Le long des quais du port se détachaient les grues
Et j’entendais les driss's cliquer sous la risée,
Tandis que les marins fredonnaient dans les rues
Des refrains maltraités par leurs voix avinées.
Mais l’aube mis un terme au voyage onirique ,
Le tableau s’estompa comme une apparition,
Me laissant, ahuri, comme un paralytique
Rêvant, cloué au lit, d’impossible évasion.
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