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Ma pensée est couleur de lumières lointaines
Oeuvre divine sculptée et ornée de mille fleurs
D'un soir où le soleil abaisse ses prétentaines
Elle se rit du vain amour des amants querelleurs
Ce fruit d'automne aux saveurs souveraines
Au loin, dans la brume sonore comme un rêve presque effacé
Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines
Je vois, pâle et triste mon vieil amour des années passées
La mort m'entoure en vain de ses ombres funèbres
En ce monde menteur, flétri, blasé, pervers
Mais ma raison voit le jour à travers ces ténèbres
Rare est une âme ainsi pure qu'aux hivers
Sur le bois dolent de carmin et de roux ponctué
La fête de la Vie ou quelque nouveau désir
J'ai vu cloître ton coeur mort en mon coeur tué
Nous pousse-t-il, crédules, au sabbat du plaisir ?
Les arbres comme autant de vieillards rachitiques
Il attend sur les sommets de ces rochers antiques
Tordent de désespoir leurs torses fantastiques
Il attend sur les bords déserts des lacs mélancoliques
Veux-tu mourir, dis-moi ? Tu souffres et je souffre
Dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins
Et nos coeurs sont profonds et vides comme un gouffre
Elle appelle de ses yeux la race des humains
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