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Le jardin est bien triste ainsi s'en est fini,
Du galant rossignol, des bouquets blancs, du gui.
La chambre abandonnée, où les fleurs sont fanées,
N'est plus qu'un sanctuaire offert aux araignées,
Le missel à fermoir et le lit ténébreux,
Sommeillent sagement dans l'éther vénéneux,
Seul vient fleurir l'écho de la mélancolie
Au vase de l'hiver, que l'ombre sanctifie.
Je crains quelques tiroirs, j'ai encore plus peur,
D'entrouvrir la porte où ne bat plus son cœur,
Le temps s'est arrêté sur notre amour mythique,
Figé par ce départ infiniment tragique.
Pour que naisse une larme il suffit d'un détail,
Un souriant portrait, un sommaire éventail,
Tout l'appartement lui demeure fidèle,
Ainsi même l'horloge à l'heure solennelle,
Et fixé dans le temps et n'avancera plus,
Et ce depuis déjà quatre lustres confus.
Recouvert de lierre et de feuillage immonde,
Le parc n'est plus un lieu que le soleil inonde.
Dans son coffre à bijoux tristement endormi,
Le brillant solitaire, une perle en son nid,
Seul, témoin du serment auquel je rends hommage,
Eveille un souvenir à la superbe image,
Si belle en robe blanche, elle attise le jour,
Son élégant regard en appel à l'amour,
Je m'abandonne au rêve, au merveilleux mensonge,
Puisque selon Pedro notre vie est un songe.
Oh, combien son silence active ma douleur,
Abusé de chagrin je cherche à contre-coeur,
Les preuves du bonheur, comme celle des noces,
M'évoquant le récit de nos amours précoces.
Il me reste pourtant de ce passé si beau,
Une éclatante aurore, une fille en cadeau,
Ma muse aux cheveux d'or, sa petite merveille,
Celle que de la-haut je sais, elle surveille.
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