|
Ultime destinée
A peine un souffle par l’univers exhalé
Et j’ai déjà vécu cent mille vies exaltées…
Pour un moment je fus goéland
Franchissant de l’azur les vastes contrées
Compagnon d’une cohorte de rêves ouatés,
ballotés au gré des humeurs chagrines du vent ;
Pour un soir je fus dauphin
Jouant dans les reflets sanguins d’un crépuscule,
Ivre de la plainte pensive de noyés trop crédules,
visiteurs éternels d’une chimère sans fin.
Pour une aube je fus guerrier
Foulant les ruines fumantes du palais de Cambyse,
mes cheveux au vent dans les bras d’Artémise,
Libéré de tout chagrin et de toute pitié.
Pour un jour je fus Cupidon
En quête d’école buissonnière,
garnement rieur et paladin naguère,
Fuyant les dédales de la passion.
Je fus le mistral, la bise et l’ouragan,
Je fus Alexandre, Arthur et Galilée,
Je fus les vagues découvrant l’estran,
Je fus mille vies et mille destinées.
De qui te souviendras tu mon amour ?
Pour qui dévoileras-tu tes plus beaux atours
Au dernières lueurs du jour ?
Toi mon unique contrée, mon ultime destinée.
|