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Le cœur à fleur de plume, une rose à la main,
A cette heure, ce soir j'ai besoin de t'écrire,
Une perle d'écume irise mon écrin
Un air délicieux de violon m'inspire;.
Sur l'émouvant papier un peu d'or de jadis
Rallume le passé; je rentre de l'école,
Ce souvenir en moi reste un myosotis.
Tombe de la fenêtre une espèce d'étole,
Ce petit parachute, une oeuvre de ta main,
Construit tout un matin, d'une intense tendresse,
Plane encore aujourd'hui comme un blanc séraphin,
Miraculeusement demeure la caresse
D'un bouquet de soleil qui ne vieillira pas,
Puisqu'il trône à ce jour au temple de l'enfance
Entre une source vive et des brins de lilas
Près du nid je reviens dans mon jardin de France.
L'image ineffaçable alimente mon cœur,
C'est toujours dans tes yeux que mon rêve se fonde
Grâce à toi, chère mère il reste la douceur
De ce beau lieu sacré que ta lumière inonde;
Ainsi comme le Doubs jetant ses flots d'argents,
Par ton sourire ardent mon âme est embaumée,
Même au cœur de l'hiver tu restes mon printemps,
Le souffle de ta voix arrose ma pensée.
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