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Me pardonnerez-vous mon pays, son langage,
Cette existence heureuse au ceint de mon village,
Son nom est sur ma lèvre, il scintille en mon cœur,
Depuis longtemps déjà ruisselle sa douceur.
Il faut le voir en août quand la moisson ondoie
Ainsi que certains soirs quand la plaine flamboie,
Que l'air prend les senteurs profondes du terroir,
Que chaque fleur devient, à l'ombre un encensoir;
Ce soir auprès de l'âtre une lampe s'allume,
C'est une enfance en or qu'une larme consume;
Cinquante ans sont passés à l'antique cadran,
Mais il reste des fleurs, du rêve, au bois dormant.
Je n'ai pas oublié, mon préau, mon école,
Ni ma natale rue où mon âme s'envole,
Mon vieux clocher Comtois mérite une chanson,
Pour son odeur de ferme et celle du foin blond;
J'aimais ses paysans de l'ordre de l'intime,
Tous, ces semeurs de pain méritait mon estime,
Aucun ne se plaignait de l'écrasant labeur,
Et chacun d'eux œuvrait pour un monde meilleur.
Rien ne peut me ravir son ciel tout rempli d'ailes
Quand au mois blond du blé, dansent les hirondelles,
Puisse mon encre emplir un peu de votre esprit,
Que ma plume de même y face aussi son nid.
Il est des souvenirs que je me remémore,
Et ce passé charmant, visuelle et sonore
Revient me visiter par les rives du Doubs,
Ce pétillant bonheur se boit comme un vin doux.
Aux modestes Comtois, j'adresse cette lettre,
A mes anciens voisins, ainsi que ce vieux maître,
Qui comprendra mes mots sertis dans le cristal,
C'est un lointain appel vers mon berceau natal.
j'adore revenir pour entendre la cloche,
Le voyage dernier de l'heure se rapproche,
J'aurai pour mon sommeil de chaleureux échos
Et tout autour de moi, blés et coquelicots.
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