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Ce billet parfumé ne dissimule point
Mon touchant idéal, cet ange sans mystère,
J'aime vous le décrire avec le plus grand soin,
Si lourd que soit mon ton, l'encre reste légère,
Ce poétique aveu, plus doux que le duvet,
Comme un bain de jouvence inonde tout mon être
Boire à sa source d'or, c'est vivre sans regret,
C'est faire honneur au temps je peux vous le promettre.
Objet de mon bonheur mon âme le pressent,
Ne me demandez pas d'où vient cette fontaine,
La volupté candide annonce mon tourment,
Cette femme cadeau, je l'aime à perdre haleine,
Je l'aime à en mourir, sans l'ombre d'un détour,
Malgré le rossignol tout meurt, courte est la vie,
Ne cherchez point ailleurs le fruit de cet amour,
Encore ce matin ma plume vous convie
Sous les arbres en fleurs, sans ordres de saison,
Sans autres arguments que d'effeuiller la rose
Goûter dés maintenant le vin de ma raison;
Je vous prends à témoin, le temps qu'un vers éclose;
Si mon vice est d'aimer l'amour me tient au cœur
Et ce pêcher mignon mon âme en est la proie,
Au temple de son corps, je suis le serviteur,
"Une riche rosée accueille ainsi la joie".
Je fonds pour un désir inondant ses beaux yeux,
Pour un bouton de sein ou pour sa lèvre tendre,
Annonçant sans vouloir son rire gracieux,
Comme le feu longtemps s'avive sous la cendre,
Je ne saurait guérir d'une telle beauté,
Mes tempes blanchiront je l'aimerai encore,
Du levant au couchant sans jamais s'arrêté
Ma verve lui dira, sans frein que je l'adore.
Cultivant ses attraits, abeille de sa fleur,
Je défierai le temps de quintessence, telle
Qu'existera son nom pour nommer la splendeur
Et tous sauront dés lors que Marie était belle.
Aujourd'hui voici donc, un bouquet de ma main
Dans un vase en cristal, pour dire mes louanges,
Ecrin de mon amour son grain de peau bénin,
Semble un jardin en fleurs caressé par les anges.
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