|

Mon village natal héberge un vieux moulin,
Dont la ferme semblait une belle endormie.
Toujours j'entends sa voix au frisson cristallin,
Loin du vacarme humain j'écoutais l'élégie.
L'endroit était secret, son bief au cours de juin,
Etincelant miroir courait sous les grands frênes,
Jusqu'aux antiques murs où de la pierre, suint
L'enchantement ancien des plantes souveraines.
Jamais je n'oublierai la chute au bleu sanglot
Et l'anneau d'or des eaux ceinturant l'ombre intime
Du feuillage émeraude où croît un saint berceau
Et mon coeur portera jusqu'au fond de l'abîme
La beauté de ce coin bénit par le soleil,
Alors qu'aux soirs d'été rayonnait le silence...
J'aimais venir m'asseoir sous l'ombrage vermeil
Pour cueillir quelques vers, la douce quintessence.
Sans honte du bonheur, parcouru de frissons,
Je buvais le vin doux de l'onde porcelaine
Enveloppant la rive aux milieu des pinsons,
La douceur de ces jours, au passé me ramène;
Si j'évoque aujourd'hui ce pur enchantement,
Je l'avoue humblement c'est que Bavans me manque,
Chaque fois que j'y pense un murmure émouvant
Traverse mon esprit et mon âme s'efflanque.
|