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Ta voix mon cher Ludo résonne dans mon être,
Me poursuit certains soirs, quand l'or pur du couchant,
Irise de saphirs mon antique fenêtre.
Rien ne ressemble plus aux larmes d'un enfant,
Que l'azur suranné d'un ciel mélancolique,
Combien il me revient le temps de nos quinze ans,
Ce retour à rebours, ça reste symbolique,
Depuis ces lendemains, beaucoup d'enterrements,
Alimentent nos jours. D'amoureuses reliques
Nacrent d'or le passé, renaît l'ombre d'avril,
Les vacances d'août et le temps des colchiques,
Il me manque aujourd'hui le merle et son babil.
De l'aube au crépuscule une mince fêlure,
Effeuille le bleuet, un timide chagrin
En étreignant le cœur agrandit la blessure,
De la jeunesse en fleur, ne reste qu'un parfum.
Souviens-toi de nos mots, nous n'avions pas de doute,
Nos vieux jamais content nous amusais beaucoup,
Trop tard pour regretter mais ma honte rajoute,
Ce fossé entre nous ma peine le recoud.
Plus jamais de match fou, de course à perdre haleine,
Parce que maintenant, c'est nous qui sommes vieux,
Je garde malgré tout l'innocence lointaine.
La neige a déposé du sel dans mes cheveux.
Il me manque aujourd'hui le chemin où naguère,
Courait notre jeunesse à l'ombre du Mont-Bart,
Comme l'effluve chaud des tartes de ma mère,
D'autre saveurs en moi inondent mon regard,
J'écris c'est un besoin, un mal irrésistible,
Qu'ils étaient beaux ces temps désormais révolus,
Comment faire autrement que d'y être sensible,
Mais que m'en reste-t-il, des rêves superflus.
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