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Après un demi-Siècle

le mercredi 24 juin 2020, à 16:37. Posté par plumeflore


    C'est dans un coin de France en l'an soixante trois,
    Au dix des rossignols, que j'ouvris les paupières,
    Juste aux abords du Doubs au cœur d'un joli mois,
    Au pays des sapins et des belles rivières.

    Je suis toujours heureux en retrouvant mon nid,
    Aujourd'hui c'est l'été, la moisson blonde ondoie
    Tant la brise est câline aux pages de la nuit,
    Alors que le feuillage à son faîte flamboie.

    Hommage à nos aïeux, à l'ombre de leur croix,
    Sous le regard de Dieu dansent les hirondelles,
    Elles écrivent au ciel le roman Franc comtois.
    D'un passé glorieux comme au temps des javelles.

    Revenir en arrière être au pied du grand mur,
    Après un demi-siècle, il faut prendre la plume,
    A mesure du temps le pas devient moins sûr,
    Face à ce livre ouvert la vie est une écume,

    Si en alexandrins, je touche votre coeur,
    Avec mes souvenirs puisé de mon enfance,
    Comme il en est partout croyez à mon bonheur
    En évoquant Bavans, petite histoire de France,

    En moi s'élève un baume au parfum familier,
    Où se grave le nom sur l'authentique écorce,
    D'un chêne séculaire au charme singulier,
    La nostalgie est là je connais bien sa force

    Je fouille mon grenier plein de cadres anciens,
    J'ai le plus grand besoin de partager ma peine,
    De traversé la place où le vieux lion se tient,
    De retrouver les fleurs, printemps de porcelaine;

    J'épluche mes tiroirs, j'écoute mes frissons,
    Sous la verte coudraie ensoleillée, il neige
    De grands pétales blancs, des souffles de grillons,
    Même le chant du merle au loin est un arpêge,

    L'aubépine et la rose embaume l'encrier
    Et me voici errant sous la verte ramure,
    Alors remonte en moi le souvenir premier,
    Mais qui mérite autant, que l'illustre figure?

    Je parle de ma mère et de son Panthéon,
    Je n'avais de bonheur qu'auprès de sa tendresse,
    Elle aimait me parler, j'étais dans un cocon,
    Couvé par ses beaux yeux j'oubliais la tristesse,

    A l'heure d'aujourd'hui, je puis avec le temps,
    Vous parler de mon père, une larme émouvante
    S'écoule sur ma joue, oh Dieu déjà cinq ans
    Qu'il pêche nymphe et ange au pays de légende.

    Au bord du bois charmant où je m'assois le soir,
    Je retrouve parfois des choses surannées,
    A tout ce qui n'est pus, demeure le miroir,
    Comme un herbier d'antan, j'y dore mes pensées.

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