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La Venue éternelle des Temps.

le vendredi 15 mai 2020, à 14:33. Posté par Avenance


    La Venue éternelle des Temps.


    …..Nuits, Feux, Chocs, Cataclysmes infinis, Brasiers, gigantesques Fournaises, Fusions et Pétrifications, Falaises, Crevasses, Failles, Jaillissements, Ecroulements, Plasticité des Formes de Matière, Structures, Mouvances, Rayonnements et successivement, Blocs, Poussières, Etoiles en Naissance, Apparitions, Disparitions perpétuelles, Espaces sidéraux dans l’Incommensurable, Ô Solitudes immémoriales, des Milliards d’Univers déjà venus, déjà anéantis, alternativement, le Chaos éternel et l’Ordre fragile des Cosmos au Rythme des Fissures et des Oscillations, les Forces agissantes, les Forces déclinantes, Conflagrations, Déflagrations !
    Puissances de la Nature naturante, Profondeurs dont nous venons, Vivants-Mourants-Parlants, Parties infimes sur la Terre porteuse posée sur Rien, Puissances fécondantes de la Vie en Enigme mortelle, Fille et Femme de la Matière génitrice née de la grande Déesse Mère des premiers Mythes par le Sang, par la Chair et par l’Eau, vivifiant l’Aube obscure du Vivant, Membrane, Plasma, Noyau, Cellules, Corps, j’entends ce Battement dans les Veines de Vie sous la Gangue de Peau, voyez ces Gonflements fertiles, ces rouges Pulsations d’Organismes en Gésine et cet Arrachement baroque, ces Torses noueux hors de l’Absence ! Lente Venue du Temps des Vies de Terre !
    Mortels, nous sommes faits probablement de ces Marais putrides où s’enfanta la Vie, Hasard inexorable, et des Exhalaisons foudroyées d’Orages et de Soleils, Eclairs-Genèses en Ciels de Plomb.Nous sommes faits de Liaisons et de Déliaisons, de la Glaise commune, des Strates de Limons, des Sédiments. Peut-être sommes-nous Progéniture et Larves des Profondeurs océaniques auprès des Sources de Chaleur, Ventre, Matrice, Viscères, Entrailles de la Terre et de l’Eau où naissent et finissent toutes Choses...Ainsi viennent les Vies, Affres de la Naissance, Agonie vers la Mort, Oscillations, Jouir, Pâtir, Aimer, Haïr, Souffrances, Zones obscures, Vicissitudes, Silhouettes enlisées, agitées dans l’Incertain, Clarté suave de quelques Attachements, de quelques Embellies possibles. Ô Sortie prodigieuse des Eaux ! Elévation et Différenciation, Conquête des Rivages, Rivalité des Espèces, Echanges et Luttes Bord à Bord, Séparations, Accouplements, Ouverture prodigieuse des Sens aux Singularités disséminées du Monde, un Sol est né, un Monde, premiers Essais, premières Aventures de la Conscience !
    Et ainsi allons-nous, venus, venant, partant de l’éternelle Venue des Temps, blessés d’Amour, blessés de Haine, parlant et fictionnant l’Occultation des Origines et des Fins, boiteux et trébuchant. Un long Hiver traversera les Coeurs orphelins comme il en a toujours été ainsi, à l’Approche de l’Âge, dans l’Attente angoissée ou distraite de Temps nouveaux et inouïs car il viendra éternellement des Temps qui de loin nous précèdent mais ne nous guident pas et que nous ne connaîtrons jamais. De l’Avenir, de l’Inconnu, des Paroles essentielles ne nous parviennent pas ou restent inaudibles, nulle Cartographie ne se dessine, claire et pure sous les Traits annonciateurs d’un Dire ou d’un Ecrit, rassemblant un Sens, un Monde de Justice. Nommant à Mi-Voix les Singularités infinies de notre Finitude, les Floraisons exquises naissant de l’Aube, le Sang des Ronces, les Branches mortes, l’Ecorce sèche, le Bois tragique et calciné, nous suivrons des Routes incertaines, des Chemins embroussaillés vers des Clairières éparses parce qu’il n’est pas de Lumière Une et Pure ni d’Immensité atteignable ni de Tout absolu, seulement quelques Lieux désirés, çà et là, imprévus, parsemés de Pénombre et de Mouvances.
    Un Sol, des Lieux, des Mouvements mais déjà creusés et dévastés par les Concupiscences, la Démesure et l’Attirance des Lointains, l’Exil, l’Oubli, l’Ingratitude. Nous considérerons avec Humilité, l’Inachèvement de la Pensée, la Fugacité essentielle des Jours et nos Désirs d’autres Etoiles, d’autres Invitations aux Voyages, Automobiles de l’Espace , sveltes et racées, Avions-Oiseaux supersoniques, Fusées qui défieraient élégamment l’Azur pour des Partances sans Retour, qui sait ? Ô Venue éternelle des temps !…..

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