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Je te sais vivante, heureuse où l'aube dort
Sur un coussin de fleurs au chaud sur un nuage;
Comme un adolescent je rêve à ton visage
Parmi les blonds épis, l'amour en moi s'endort,
Je te vois certains soirs quand le ciel saigne d'or
Sur le miroir du Doubs ton souvenir voyage,
Même ton ombre flambe et semble biche sage
Au jardin du printemps; en écoutant le cor
Je cueille un grand bouquet rien que pour toi ma reine,
Rouge coquelicots pour éclairer ma peine;
Ton éternel regard imbibe d'or ma main,
Sur le rocher du temps la vie est une eau vive,
J'ai bu tout ton soleil, il reste le chagrin
Mon cœur coule goutte à goutte attends-moi, j'arrive.
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